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L'histoire commence à la mi-mars, lorsque les téléphones de plusieurs ambassades françaises en Asie sonnent. A l'autre bout de la ligne, les équipes du jeune ministre des Affaires étrangères du numérique, Cédric O. Alors que le gouvernement français s'apprête à décréter l'inclusion, dans un monde touché par Covid-19 – une épidémie sans précédent depuis un siècle – et face à une aggravation situation sanitaire au quotidien, les équipes veulent en savoir plus sur la répartition des applications de tracking numérique mobile en Chine, Corée du Sud ou Singapour …

Sans vaccin ni traitement, Emmanuel Macron et son Premier ministre, Edouard Philippe, recherchent tous les leviers disponibles pour lutter contre la propagation de l'épidémie. Ils n'ont pas l'intention d'omettre une piste, et une application de suivi numérique en est une. Si le pays est " en guerre "Comme Emmanuel Macron, rapporte la défense de guerre du 16 mars, pourquoi ne pas utiliser ces armes numériques, qui semblent opérer en Asie.

Lorsqu'on lui pose des questions, le projet est lancé. Après plus de deux mois de mise en œuvre incroyable, il est débattu ce mercredi à l'Assemblée nationale et au Sénat. Testée la semaine dernière, l'application StopCovid est enfin opérationnelle, mais si ses followers restent optimistes, l'enthousiasme initial a fait place au scepticisme, voire à l'hostilité.

Une idée séduisante … et inquiétante

Le principe du suivi des applications est simple. Grâce aux smartphones, avec près de 80% de Français équipés, il est possible de savoir à tout moment si les gens sont géographiquement proches. En enregistrant toutes ces réunions, il est possible, si une personne a été infectée par le virus, d'avertir immédiatement les personnes qui ont été en contact étroit au cours des semaines précédentes. Les potentiels pollués sont mis en quarantaine ou testés. L'avantage de cet appareil: la "chaîne de pollution" est rompue. Ou du moins lentement. À l'heure où l'épidémie connaît une croissance vertigineuse, l'hypothèse est séduite par le papier.

Mais les défenseurs des libertés publiques et les Français aussi. " L'intérêt européen pour les applications a commencé en févrierconfirme Willem Joncker, responsable de l'EIT Digital, Institut européen d'innovation et de technologie, qui conseille la Commission européenne. Mais bien sûr, l'Europe n'est pas l'Asie. Et le principal défi en Europe est l'acceptation par le public. Pour cela, deux choses sont très importantes: le respect de la vie privée et la convivialité. Il n'est pas question de se retrouver, comme en Corée du Sud, avec un système obligatoire qui révèle constamment qui est où et avec qui. Ou avec un système qui interdit aux personnes potentiellement polluées de sortir dans la rue, comme en Chine. Dans le vieux continent, il est clair que la future application ne doit pas être un outil de contrôle social. "Oui" à la technologie est en fait un "oui si".

Deux équipes partent … sans consulter

Dès la mi-mars, sans se consulter, deux équipes françaises se sont assises pour travailler. D'une part, les chercheurs de l'équipe Inria Privatics – grands chefs de file en informatique – voient comment ils peuvent faire en sorte que ces applications respectent la vie privée. " Nous étions des pionniers. Les développeurs des applications asiatiques n'avaient pas vraiment étudié la question. Seule une équipe de chercheurs suisses avait près de trois semaines d'avance sur la courbe Explique l'un d'eux.

D'un autre côté, un groupe de machines industrielles travaille déjà sur un " demande de décision "Orange, Capgemini, Dassault Systèmes, Sopra-Steria, Accenture et Sia Partners -" le club des six "- sont assis autour d'une table." Le gouvernement n'était pas encore conforme à la stratégie. Notre & # 39; Club des Six & # 39; a décidé de passer à autre chose et de fixer la date du 20 avril pour une première version de l'application, » explique Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, patronne de l'innovation du Groupe Orange.

L'exécutif est au courant de ce travail. Mais il tarde à prendre les rênes d'un projet national. " Nous avons été submergés de suggestions ", On reconnaît dans le cabinet de Cédric O. le 31 mars, l'entourage du ministre aux" Les Echos "explique que" rien n'est encore en place. Aucune ligne de code n'est écrite. Mais beaucoup de choses existent déjà à l'étranger. Si nous avons une commande éclairée du comité scientifique, le lancement d'une application prendra au moins dix jours. "

Public ou privé? Ou les deux ?

La première question structurelle se pose. StopCovid doit-il être un projet public ou privé? Publique et privée? Début avril, la situation était confuse. " En particulier, nous ne voulions pas d'un bâtiment public Souffle un conseiller ministériel. Cependant, Dinum – la Direction Interdépartementale du Numérique – est devenue une division de Matignon en charge de fournir des "start-up étatiques", pourtant une bonne partie du projet. Il en est dépouillé quelques semaines plus tard au profit d'un " Consortium StopCovid »Rassembler plusieurs grands groupes dirigés par Inria. " Dès l'instant où des acteurs privés ont mobilisé gratuitement des dizaines de développeurs spécialisés, nous avons fait le choix de ne pas compter sur une startup étatique. Ce n'était pas facile, mais nous avons décidé "Explique l'entreprise à Cedric O.

Une approche européenne unifiée

Dans le même temps, le projet a une dimension européenne. À l'heure où les frontières sont fermées, la question de leur réouverture et de la circulation des personnes se pose au moment de la fermeture. À partir du 1er avril, des chercheurs français d'Inria, avec 130 collègues de huit pays européens, ont créé un collectif, appelé PEPP-PT (pour Pan-European Privacy-Preserving Proximity Tracing). Lors d'une conférence de presse en ligne, ils promettent une réponse numérique européenne à " reprendre une vie normale, ouvrir les frontières et relancer l'économie "Au moment où les États se rapprochent pour se protéger contre le virus, l'Europe doit montrer qu'elle peut apporter une réponse coordonnée.

L'idée est de s'entendre sur le même modèle d'application, dans le respect de la vie privée. Les États européens pourraient ainsi permettre à leurs citoyens de continuer à circuler en toute sécurité dans l'Union. Si un Français rencontre un Allemand et que le premier se déclare malade dans son application française, l'autre sera prévenu qu'il a été exposé via sa propre application, l'allemand. Cette approche a tout pour plaire à la Commission européenne, qui prendra position début avril. Pour éviter la cacophonie, il demande également à 27 États membres de garantir l'interopérabilité des applications nationales et de se conformer aux règles de l'UE sur les données personnelles. Le continent est uni sur une ligne humaniste. Tout est bien…

Premières frictions politiques

C'est dans ce contexte le 7 avril dans les colonnes de "Le Monde" qu'Olivier Véran, le ministre de la Santé, et Cédric O sortent de la forêt en dévoilant le projet StopCovid. Les deux ministres ont fait preuve d'un discours prudent: Bluetooth, anonymat, volontarisme … Mais la polémique a commencé immédiatement. Dès le début, le sujet a divisé la majorité. A gauche comme à droite du macronisme, nous craignons le respect des libertés individuelles, et nous ne voulons pas ouvrir une boîte de Pandore. Bien qu'ils aient quelques réserves, de nombreux membres de la majorité se veulent pragmatiques et pensent que l'initiative doit aller jusqu'au bout.

Même au sein du gouvernement, le projet StopCovid est loin d'être unanime. Certains ministres ne cachent pas leur opposition. Projet amusant qui voit Gérald Darmanin, ministre responsable de Cédric O, s'y opposer. " Très vite, c'était un gâchis "Dis un macroniste." Le Premier ministre est plutôt réservé à la question. La question du respect des libertés individuelles est importante pour Edouard Philippe, qui est passé par le Cabinet après avoir quitté l'ENA. Mais nous devons aussi voir l'autre côté de la médaille: si tous les pays européens le font et pas nous, nous serons critiqués "Déclare début avril un ministre près d'Edouard Philippe.

Cédric O emmène ensuite son bâton de pèlerinage pour convaincre. Le 6 avril, le projet a été déposé au bureau administratif du LREM. Il soulève une véritable bronca parmi certains présents. Le lendemain, lors du petit déjeuner majoritaire, Edouard Philippe ne veut pas le mentionner. Stanislas Guerini, chef du LREM, et très proche de Cédric O, lance la charge. " Stanislas Guerini en a parlé et il y a eu des réactions épidermiques N'oubliez pas un cadeau.

Le climat n'est pas calme. Début avril, Cédric O se retrouve très seul. Dans les rangs de la majorité, peu sont aussi bons que lui. StopCovid est au milieu de luttes d'influence politique: le secrétaire d'État aux Affaires numériques peut compter son soutien dans ce projet, à commencer par Stanislas Guerini et Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement. L'affaire commence à devenir un sac politique de nœuds.

De leur côté, les Français sont très partagés en la matière. Comme les autorités, ils estiment qu'aucun outil ne doit être négligé dans la lutte contre le virus. Mais ils expriment également leur préoccupation pour le respect de leurs libertés individuelles, malgré les propos rassurants de Cédric O tout au long de la semaine sur le caractère anonyme et non obligatoire de la requête.

Centralisé ou décentralisé? La fin du consensus européen

Lorsque la question se complique au niveau politique, c'est bien sûr l'accident: la belle compréhension de la recherche européenne est brisée. Deux jours seulement après la conférence de presse du rassemblement de scientifiques européens, un groupe de scientifiques suisses s'est joint à eux et a proposé un protocole technologique radicalement différent du projet franco-allemand initial. La brèche est brutale. Les deux écoles, inconciliables, se heurtent et s'envoient des noms d'oiseaux.

Dans l'approche "centralisée" des chercheurs franco-allemands, les identifiants cryptés des contacts potentiellement contaminés sont transmis et stockés sur un serveur par l'autorité sanitaire, qui détermine, en fonction de paramètres spécifiques (durée d'exposition, proximité, etc.) pour les avertir. A l'inverse, l'approche "décentralisée" des Suisses à partir du postulat part du fait qu'il faut limiter les informations sensibles stockées sur un serveur gouvernemental, probablement visé par des pirates. Par conséquent, leur protocole propose d'envoyer la liste des identifiants cryptés des personnes malades à tous les téléphones. Et c'est sur les téléphones que la comparaison est faite pour savoir si un individu a potentiellement été contaminé. Mais dans ce modèle, le suivi de l'épidémie par les autorités est beaucoup plus difficile … Ce débat aurait pu être technique entre Européens. Mais les géants des smartphones, Apple et Google, vont bientôt s'impliquer.

Apple et Google arrivent

Vendredi 10. Avril est le tremblement de terre. Apple et Google ont formé une alliance unique pour aider les États qui souhaitent créer des applications de suivi numérique. Les deux groupes californiens exécutent en fait iOS et Android, les systèmes d'exploitation qui exécutent tous les smartphones du monde. Ils sont idéalement placés pour optimiser les fonctionnalités des futures applications, notamment en facilitant l'accès Bluetooth et en assurant l'interopérabilité entre les appareils iPhone et Android. Cette épidémie perturbe un projet déjà compliqué.

" Dès le début, nous savions qu'il serait difficile de se passer de leur aide. Surtout parce que l'accès à Bluetooth sur iPhone est restreint par Apple », explique un chercheur français. Mais au lieu d'un soutien, un coup monumental les attend. Apple et Google offrent un moyen technique de contourner les limitations de Bluetooth … mais seulement si les autorités adoptent une application " décentralisé Tel que défini par les scientifiques suisses. " Nous avons été très surpris. Cela a mis notre proposition hors de jeu ", Poursuit le scientifique français.

La tentation est alors grande de se conformer aux diktats des deux géants américains. D'autant plus que leurs briques technologiques sont gratuites. Sans oublier qu'Apple et Google promettent que leur solution respectera la vie privée: pas de géolocalisation, pré-autorisation utilisateur, diagnostic de contamination potentielle fait sur le smartphone, et pas sur un serveur central hébergé par des hackers … " En principe, nous n'étions pas opposés, assure le contournement de Cédric O. Si cela simplifie les choses, pourquoi pas. "

Méfiance envers les Américains

Mais très rapidement, le ministre a refusé de se rendre. En principe, il ne souhaite pas diffuser les identifiants cryptés aux personnes malades. Et le gouvernement se méfie des deux géants américains. Ce sont eux, assure-t-on, autour de Cédric O, qui ont imposé les notions controversées de «centralisé» et de «décentralisé» dans le débat, y compris dans les publications académiques des chercheurs qui les financent largement.

" Le & # 39; décentralisé & # 39; le modèle est en fait le seul où Google et Apple peuvent récupérer des données épidémiologiques, on bip à Paris. Et nous n'avons aucune assurance, si ce n'est leur bonne parole, qu'ils ne feront pas de transitions avec d'autres éléments du système d'exploitation, comme la vente de choses aux compagnies d'assurance. C'est une solution qui leur profite. Ils collectent toutes les données épidémiologiques et se positionnent comme des acteurs de santé essentiels, clé de leur stratégie. Nous sommes le week-end du 11 au 12 avril. Et la France décide de résister encore et encore contre l'envahisseur californien.

Macron entre en jeu, la majorité est toujours en colère

Signe que l'application restera dans la salle, Emmanuel Macron en fait mention publique le 13 avril. Sous son discours télévisé de 37 millions de téléspectateurs – un record – il provoque pour la première fois le 11 mai le début de la clôture et met en avant StopCovid. Pour calmer les inquiétudes, il veut se rassurer sur la question, et face au mécontentement politique, il promet un débat parlementaire. " Le gouvernement doit y travailler, il ne faut en aucun cas négliger, pas d'innovation. Mais j'espère que nos rencontres avant le 11 mai pourront en discuter et que les autorités compétentes pourront nous informer. Cette épidémie ne peut affaiblir notre démocratie ni mordre une certaine liberté "Dit-il. L'idée est de lancer l'application le 11 mai.

Chez Cédric O & # 39; s, malgré les revers enregistrés les semaines précédentes, nous sommes époustouflés par ce soutien inattendu du locataire de l'Elysée, dont le ministre des Affaires étrangères du numérique était un compagnon de voyage lors de la campagne présidentielle de 2017. Le "club des six" industriel est de nouveau mis en ligne, avec beaucoup de puissance. Lorsqu'ils voulaient tirer parti de leur avantage, ils avaient en fait développé leur propre application prototype. Présenté le 20 avril pour Cédric O et Jean Castex, "Monsieur Déconfinement" nommé par l'exécutif pour préparer le 11 mai, ce premier projet comprend des déclinaisons régionales, qui permettent à l'employeur d'émettre des autorisations. À O, nous voyons du rouge. Ce n'est pas l'application basique et respectueuse de la vie privée que le directeur a en tête. Retocalisé.

D'autant plus que le Conseil scientifique, organe consultatif qui aide l'exécutif à faire face à l'épidémie, vient de donner son feu vert. Les experts en santé estiment qu'une application de traçage numérique sera finalement utile. Ce n'est pas le moment de se lancer dans une application "Swiss Army Knife" qui sera finalement rejetée. Les rôles de chacun dans un «consortium StopCovid» sont précisément définis le 25 avril. Inria est aux commandes, avec Orange, Dassault Systèmes et CapGemini en première ligne, ainsi que quelques start-ups comme Withings ou Lunabee Studios.

Les Français redoublent d'efforts pour tenter de convaincre Apple de soutenir leur solution. Ils le savent: sans l'aide de Cupertino, StopCovid ne fonctionnera pas correctement sur l'iPhone. Dès que l'application n'est plus affichée à l'écran, elle ne sera plus autorisée à utiliser Bluetooth et le suivi numérique s'arrêtera. Le bureau de Cédric O multiplie les appels à pied. Même Stéphane Richard, le manager d'Orange, qui connaît bien Tim Cook, s'y rend pour sa médiation personnelle. Sans effet. Début mai, c'était la rupture avec Apple. " Qu'une grande entreprise qui n'a jamais aussi bien réussi sur le plan économique n'aide pas un gouvernement à lutter contre la crise, il faut s'en souvenir le moment venu », Loose Cédric O, Visiblement amer, chez BFM Business.

Les Français n'admettent pas de défaite jusqu'à présent. Les équipes de développement ont trouvé un moyen de contourner certaines des limitations d'Apple en " éveil »Application périodique. " Nous voulons une solution qui fonctionnera de manière très satisfaisante sur tous les téléphones Amant Cédric O, selon qui l'application sera lancée le 2 juin, lors du lancement de la deuxième phase de la fermeture. A condition que la Cnil et le Parlement aient donné leur accord. Ce qu'il ne dit pas, c'est que ces deux derniers obstacles sont importants.

Attention à la CNIL

Le 26 avril, la CNIL avait déjà rendu un premier avis, demi-raisin. Le référentiel de données valide les principes de StopCovid: volontariat, anonymisation, absence de géolocalisation … Et le cadre juridique actuel devrait permettre le suivi des contacts en cas d'épidémie. Mais en insistant sur le caractère exceptionnel de l'unité, les services de la présidente, Marie-Laure Denis, apportent de l'eau au moulin des opposants. " Évitez les solutions à cliquet et technologiques: ne vous dites pas que l'informatique intrusive est nécessairement la bonne solution à tout problème. Ces technologies ne sont pas anodines "Explique Gwendal Le Grand, secrétaire général de la CNIL. Les associations de défense des libertés publiques, comme La Quadrature du Net, ont pour leur part montré un rejet catégorique. Certains militants parlent désormais de" Covidwashing "pour désigner des technologies impensables avant la crise et qui être sérieusement considéré pour le prochain monde.

La majorité se coince

Le consortium StopCovid a l'impression de lever les obstacles l'un après l'autre. Malheureusement, l'enthousiasme de l'exécutif diminue à mesure que la complexité augmente et que les difficultés s'accumulent. À partir du 20 avril, le sujet sera moins priorisé. " Il n'y a plus eu de réunions interdépartementales sur le sujet N'oubliez pas un conseiller. Un débat à l'Assemblée nationale dans le cadre de l'article 50-1 de la Constitution est promis par le gouvernement pour le 28 avril. Il semble orageux. Face à la fronde de la majorité et à la colère de l'opposition, le gouvernement doit faire des promesses. Il n'y a pas de vote dans le cadre de ce débat, mais en cas de pression croissante, l'exécutif l'accepte. Avant de se retourner: de peur d'une forte abstinence, voire d'un vote contre le Palais Bourbon, il annule le vote et le débat. Ce dernier sera intégré au débat général sur la clôture, prévu le 28 avril. L'application StopCovid n'est pas prête et les tensions ne chutent pas.

L'Allemagne rejoint Apple et Google

Pour aggraver les choses, c'est le moment où le partenaire historique de la France, l'Allemagne, a choisi de se tourner et de se rallier au modèle décentralisé d'Apple et de Google. A Paris, ce retournement surprend. L'environnement de Cédric O explique que le gouvernement allemand a cédé à la commercialisation des géants américains, qui ont habilement orchestré le débat contre les applications centralisées aux mains de l'État – qui a une résonance particulière sur le Rhin.

Les Français espèrent que les Allemands remonteront. Mais en attendant, la France se retrouve isolée. Il n'y a guère plus que le Royaume-Uni qui se concentre également sur une application centralisée. Et encore une fois, les autorités britanniques ont mis un nouveau fer à repasser et étudient maintenant la possibilité d'une application décentralisée.

Un enterrement politique

La situation devient paradoxale. Technologiquement, l'application se passe bien. Il entre dans la phase de test. Mais au niveau politique, c'est la lâcheté générale. Elysée et Matignon ne retiennent plus leurs réserves, Cédric O se retrouve très seul dans la réalisation de ce projet. " L'application pose toujours des problèmes techniques et n'est pas prête. Plus on bouge à partir du 11 mai, moins je vois un bel avenir pour cette application ", Estime un proche conseiller d'Emmanuel Macron.

S'opposant à ce qui promet d'être un enterrement politique, les équipes de StopCovid abandonnent. Les chercheurs d'Inria en particulier continuent de coaguler. À la mi-mai, ils ont développé un nouveau protocole, «Desire», qui, selon eux, a l'avantage de rendre interopérables les applications centralisées et décentralisées.

" Nous avons développé un produit qui fonctionne techniquement, qui a reçu le feu vert de la CNIL, et que les épidémiologistes jugent utile. Si dans quelques jours nous sommes informés que le virus a disparu et que l'application est inutile, nous la reconditionnerons, pas de problème, est agacé par l'équipe de Cedric Os. Mais personne ne sait à quoi servira l'avenir. Si nous devons reconfigurer en 2021, nous serons très heureux d'avoir travaillé dessus "Une façon de mettre en perspective le Chemin de Croix au printemps 2020.